Il était une fois, une jeune fille qui rêvait de devenir institutrice, à l'âge de 20 ans elle a réalisé ce rêve.
Le jour de l'affectation est venu après une longue attente, elle a eu sa lettre d'affectation, elle a pris le premier taxi, en arrivant elle a du prendre un autre taxi, en arrivant il fallait prendre un chariot pour arriver au paradis, pardon à l'ex paradis.
Des restes d'école sans fenêtres, juste 4 murs sans toit, bref ce qui manque dépasse ce qui existe.
En tout cas ce n'est pas grave, il y a des restes d'une maison qui peuvent servir de domicile, mais il n'y a aucun être vivant sauf elle. Que faire puisqu'il n'y a pas de douar, non plus un instituteur pour se marier avec lui? La solution qui reste c'est de faire la navette.
Le même scénario se répète durant des années, plus qu'une centaine de kilomètres à parcourir chaque jour, et des dizaines de kilomètres à marcher, pour arriver fatiguée, après une séance de vomissement car à force de monter et de descendre une montagne, elle n'arrive pas a respirer la seule chose qui le permet c'est de vomir, mais comme toujours, c'est pas grave!
Elle a soif! Y a pas de robinet, heureusement il y a un puit plein d'eau de pluie, elle va boire en tout cas…. Des mois passèrent et elle continue à boire du même puit, rien de spécial sauf qu'elle a parfois mal au ventre, c'est normal les gaz font leur boulot.
"Stada, stada, galt lik mi, matbkaych tcharbi man dak natfi, ra tayh fih kalb ch7al hada…" Cool cela fait des mois qu'elle boit le jus du chien, impressionant!
Arrivée en classe, elle doit enseigner tous les niveaux, l'arabe, le français, dans un C.C.M (Classe à Cours Multiples), mais il y un petit problème qui n'est pas très grave, y a ni tables, ni bureau, ni tableau, que faire?
Li 3ndo bab wahd lah ysado 3lih, une vieille porte peut servir.
En fait, cette institutrice a entendu parler d'une étude faite par la banque mondiale qui a révélé que l'enseignement marocain est très faible, la preuve son classement dernier parmi les pays arabes et maghrébins, ce n'est pas grave, Que la banque mondiale aille au diable, elle fait son boulot avec ses élèves, écrivant sur la vieille porte, buvant le jus du chien, vomissant à son arrivée à l'école, voilà ce qui importe.